La relance de la machine économique, résultant notamment de la chute des cours des hydrocarbures, constitue l’une des priorités annoncée, dimanche, par le président Abdelmadjid Tebboune.

Reçu, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaine 3 de la Radio Algérienne, le professeur en économie, Mohamed-Cherif Benmihoub constate que le modèle économique a produit plus d’effets pervers que de richesses.

Jugeant que les diagnostics par rapport à cette situation ont été bien faits, il relève néanmoins que les politiques de sortie de crise ont fait défaut, en raison, explique-t-il, des rigidités institutionnelles, politiques et sociales.

Selon lui, le redressement de la machine économique ne pourrait être mené à bien qu’àu travers de la reconstruction de la confiance entre l’Etat et les opérateurs économiques, mais aussi par le biais d’une gouvernance participative basée sur la concertation et ignorant « l’autoritarisme ».

Pour réussir un tel pari, le professeur Benmihoub estime qu’il reste à instituer une administration économique puissante et à repenser fondamentalement la politique industrielle, le tout précédé par une réforme de la gouvernance politique, en d’autres termes, celle du partage du pouvoir et des contre-pouvoirs.

L’intervenant propose, par ailleurs, de relancer les prérogatives du Conseil national économique et social (CNES), une tribune de discussion et d’aide à la décision, de même que celle de la Cour des comptes, ayant mission d’évaluer les politiques publiques et dont il relève qu’elle n’a pas joué son rôle de contrôle de la gestion de la dépense publique.  

L’invité repère, par ailleurs, une « faille » dans le système d’information économique, amenant, d’après lui,  des opérateurs à prendre des décisions sur la base de conjectures et d’hypothèses « non fondées », d’où la nécessité, selon lui, de le réorganiser afin d’en faire un instrument efficace, rationnel et pertinent.