Un coup d’Etat militaire déguisé juridiquement vient de s’accomplir en Algérie

Alors que le mandat de l’actuel chef d’Etat expirait dans quelques jours, le chef d’Etat-major, prenant prétexte de soi-disant complots et autres conspirations, précipite les événements et s’empare du pouvoir pour imposer sa feuille de route.
Au delà du ton auto-dithiyrambique et pathétique, Gaid Salah pour s’attirer le soutien populaire  dénonce les fraudes, la corruption et la fuite des capitaux qu’il attribue exclusivement à un clan qu’il a couvert depuis 20 ans !
Il pousse l’outrecuidance jusqu’à jurer défendre le peuple et ses revendications légitimes alors qu’il n’a cessé durant ces années  de protéger le caste des prédateurs  qui ont ruiné financièrement le pays.
En offrant à la vindicte populaire les figures-symboles du régime corrompu de Bouteflika, il espère ainsi échapper au jugement populaire et transformer les manifestations à venir en un plébiscite en faveur de sa personne et de son clan.
Sur un ton autoritaire et menaçant, il escompte dans un même mouvement  réduire au silence tous ceux qui refusaient  de choisir entre les intrigues raspoutiniennes de la  Présidence et le Bruit des bottes.
Ce pronunciamiento qui ne dit pas son nom doit être condamné sans ambiguïtés.
Aucune solution politique ne peut émaner aujourd’hui d’un coup de force militaire et d’un cadre constitutionnel dépassé et obsolète.
Le bric-à-brac juridique auquel s’adonne Gaid Salah avec les articles 102, 7 et 8 de la constitution trahit une volonté de contrôler le processus de transition interne et d’imposer au pays une nouvelle alternance clanique.
Le risque de « vide juridique » auquel il est fait allusion dans le communiqué du MDN n’est qu’un piètre prétexte pour vider le mouvement populaire de sa substance démocratique révolutionnaire et priver une nouvelle le peuple de son droit à l’autodétermination.
Si le pouvoir constituant, tel énoncé  dans l’article 7 de la constitution, appartient au peuple, c’est uniquement à travers l’élection d’une Assemblée constituante qu’il peut souverainement  l’exercer.
Par SAMIR BOUAKOUIR.

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