Rachid Bouchareb : « Voyager autour du monde pour raconter la même histoire »

Le prochain film du cinéaste international, l’Algérien Rachid Bouchareb, sera tourné entièrement en Algérie, a-t-il fait savoir lors d’une conférence de presse animée, hier, à l’hôtel Royal. Le réalisateur des Hors la loi, Indigènes et  La voie de l’ennemi qui participe pour la première fois au Festival International d’Oran du Film Arabe (FIOFA 2018) a indiqué que la thématique qui guide ses œuvres est  celle d’amener ses racines avec lui  partout dans le monde où il va pour faire des films, via la participation d’une actrice ou un acteur ou une musique algérienne, etc. «Mes thèmes se ressemblent mais pour ne pas rester toujours dans le même endroit, j’ai besoin d’aller et voyager autour du monde pour raconter  la même  histoire. J’ai besoin de voyager et aller aussi loin que possible», a-t-il confié. En évoquant ses projets, Bouchareb a exprimé son  désir de faire un film pour rendre hommage à toutes les femmes dans les guerres de libération, qu’elles soient Algériennes ou Européennes. Le réalisateur algérien est revenu longuement sur sa collaboration des stars d’Hollywood dont l’oscarisé Forest Withaker à qui, il a fait visiter Alger «ce sont des gens formidables qui ne vous mettent aucune pression» a-t-il souligné. A ce propos, le cinéaste s’est réjouit de la liberté dont il jouit dans son travail  «je fais ce que je veux dans mes films. En Amérique, ce sont les producteurs qui tiennent le film. Le réalisateur n’a presque pas de pouvoir», a-t-il déclaré. Réagissant à certaines remarques sur l’inexactitude de certains détails liés à des faits historiques traités dans le film Hors la loi Bouchareb a précisé qu’il a fait du cinéma inspiré de l’histoire «écrire l’histoire ce n’est pas mon rôle mais celui des historiens», a-t-il déclaré. En réponse à une question sur les raisons de son choix de travailler avec des techniciens algériens, alors que certains réalisateurs en Algérie font appel à des étrangers, il a expliqué que ce sont surtout des rencontres humaines qui aboutissent à ces choix citant l’exemple de  Youssef Sahraoui, un chef opérateur qu’il a rencontré dans un documentaire sur Cheb Khaled «je regrette beaucoup la disparition de Youssef Sahraoui. S’il était là aujourd’hui, j’aurais continué à travailler avec lui, car il était un grand chef opérateur. Vous savez ! Dans  un film, ce n’est pas la technique qui est importance. Ce sont les rencontres artistiques. Aujourd’hui, même avec un Iphone on peut filmer et du coup, nous n’avons pas besoin d’avoir un super technicien mais un artiste qui a la même vision que le réalisateur. On ne doit pas être des super techniciens mais des artistes avec des propositions, car la machine est là pour faire l’image», dit-il. Le réalisateur algérien a fait part de sa volonté de transmettre son expérience et son savoir-faire dans le domaine du cinéma aux jeunes cinéastes algériens.
Amel Saher

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